Je vous rédige ce billet de La Rochelle après avoir rencontré des amis venus de toute l'Europe dans le cadre des "Journées civiques européennes" et des "Paroles d'Européens". Je vais vous faire part comme à ces derniers de ma position sur le conflit de cet été survenu dans le Caucase. Pour commencer, il faut rappeler les faits. M. Mikheil Saakashvili, président de la Géorgie est bien le premier a avoir ouvert le feu. En effet, ce dernier a tenté de dompter par la force deux républiques rebelles censées être sous son autorité: l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Ces dernières, rattachées arbitrairement à la jeune république présidée par Edouard Chevardnadze au début des années 90, ne sont pas plus géorgiennes que les Kosovars albanais sont serbes.Ce conflit, dont la raison essentielle est la maîtrise stratégique des hydrocarbures de la Caspienne, brise de nombreuses vies civiles aussi bien du côté géorgien qu'ossète. Si les républicains va-t-en-guerre de messieurs Bush ou McCain veulent souffler sur les braises de la Guerre Froide pour tenter de sauver leur administration, l'Europe doit rester ferme, mesurée et indépendante. A l'image du plan en 6 points défendu courageusement par Nicolas Sarkozy avec les belligérants, nous ne devons pas redevenir un terrain de jeu d'influence entre Russes et Américains. Ne provoquons pas "l'ours russe endormi" et ne le jetons pas dans un axe eurasiatique avec les Chinois. Laissons les peuples d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud libres de rejoindre l'autorité du Kremlin. Protégeons en parallèle le peuple Géorgien et ses pipelines stratégiques dont le fameux BTC en leur offrant la possibilité de rejoindre notre Alliance. En revanche, pour moi, ce pays caucasien n'est pas plus européen que la Turquie.
Oui à l'OTAN, Non à l'UE pour la Géorgie.
Si les Russes abandonnent leurs positions en territoire géorgien (partie orange claire de la carte ci-jointe), je suis convaincu que le sommet UE-Russie prévu à Nice le 14 novembre prochain doit être maintenu.
Pour faire front aux véritables dangers de demain, ne serait-il pas envisageable un jour de voir les Russes dans l'OTAN ? Tel un tabouret équilibré, cette nouvelle alliance élargie reposerait sur 3 piliers équilibrés, les USA, l'UE et la Russie. Avant qu'ils souhaitent retrouver, derrière Vladimir Poutine toute leur influence sur l'ensemble de l'espace de la défunte URSS, il est préférable d'avoir les Russes avec nous que contre nous.
Notre Président vient de montrer à Damas que tout est possible en matière de diplomatie. Je ne doute pas qu'il trouvera une solution lundi prochain et reste donc confiant pour notre partenariat privilégié avec la grande Russie avec qui nous avons tant d'intérêts à partager.